Quitter la côte pour une navigation au large demande davantage de préparation qu’une sortie de quelques heures. Lorsque les milles s’accumulent, il devient plus difficile de rentrer rapidement au port en cas de problème. L’état du bateau, les voiles, la météo, le matériel de sécurité ou encore la préparation de la route doivent donc être vérifiés avec attention. Cette préparation concerne aussi le skipper. Savoir lire une carte marine, anticiper les conditions météorologiques ou tenir compte des marées contribue directement à une navigation mieux maîtrisée. Pour celles et ceux qui souhaitent gagner en autonomie, se former à la navigation hauturière permet justement d’approfondir ces connaissances avant d’envisager des navigations plus ambitieuses.

Contrôler les voiles et le gréement avant le départ

Les voiles font naturellement partie des premiers éléments à inspecter. Une petite déchirure, une couture fragilisée ou une zone d’usure peuvent rapidement devenir problématiques lorsque le vent forcit. Il est donc préférable de procéder à une inspection attentive des voiles suffisamment tôt avant le départ afin de pouvoir effectuer une réparation si nécessaire.

Le contrôle doit également porter sur le gréement courant et dormant. Drisses, écoutes, poulies, manilles, mousquetons et points de fixation sont sollicités pendant toute la navigation. Leur état mérite une attention particulière avant une traversée ou une navigation de plusieurs jours.

Quelques vérifications simples peuvent notamment porter sur :

  • l’état général de la grand-voile et des voiles d’avant ;
  • les coutures et les zones de ragage ;
  • les drisses et les écoutes ;
  • les fixations et les manilles ;
  • le fonctionnement des systèmes d’enroulement ;
  • la présence de solutions permettant de réduire la voilure.

L’objectif n’est pas seulement de disposer d’un bateau performant. Il s’agit surtout de pouvoir adapter facilement la voilure lorsque les conditions évoluent.

Vérifier les équipements essentiels du voilier

La préparation ne s’arrête évidemment pas aux voiles. Le moteur, les batteries, les niveaux, le circuit électrique et les différents équipements de bord doivent également être contrôlés.

Une attention particulière doit être accordée au matériel de sécurité. Gilets, moyens de signalisation, dispositifs lumineux et équipements permettant d’alerter les secours doivent être accessibles et connus de l’équipage. Il est préférable de réaliser ces vérifications à quai plutôt que de découvrir un équipement défectueux une fois en mer.

La VHF mérite également un contrôle avant le départ. Au-delà de l’appareil lui-même, savoir communiquer efficacement en mer et connaître les procédures appropriées peut devenir essentiel en cas de difficulté.

Préparer sa route et anticiper les conditions

Une navigation au large ne consiste pas simplement à déterminer un point de départ et une destination sur un écran. Le skipper doit prendre en compte la distance, les zones de navigation, les dangers éventuels, les courants, les marées et les possibilités de repli.

Les outils électroniques facilitent considérablement cette préparation, mais ils ne remplacent pas la compréhension des informations utilisées. Conserver à bord les documents adaptés et savoir interpréter une carte marine reste donc pertinent.

Le Service hydrographique et océanographique de la Marine (Shom) constitue notamment une source de référence pour accéder aux informations nautiques et mieux préparer une navigation.

Surveiller la météo au-delà du jour du départ

Consulter la météo quelques heures avant de larguer les amarres est indispensable, mais cela peut être insuffisant pour une navigation longue. Il faut s’intéresser à l’évolution prévue des conditions sur l’ensemble du parcours.

Direction et force du vent, état de la mer, visibilité ou évolution d’une perturbation peuvent conduire à modifier un itinéraire ou à différer un départ. Il est également important de continuer à suivre les prévisions pendant la navigation lorsque les moyens disponibles à bord le permettent.

Préparer l’équipage autant que le bateau

Un voilier parfaitement entretenu ne suffit pas à garantir une navigation sereine. Chaque personne présente à bord doit connaître son rôle et savoir où se trouvent les principaux équipements.

Avant le départ, un briefing permet de rappeler les règles essentielles : port du gilet, déplacements sur le pont, utilisation de la VHF, procédures en cas d’homme à la mer ou conduite à tenir face à une situation inhabituelle.

Enfin, le skipper doit connaître ses propres limites. L’expérience se construit progressivement, en adaptant la difficulté des navigations à son niveau et à celui de son équipage. Préparer le bateau, anticiper sa route et développer ses compétences sont ainsi trois dimensions complémentaires pour profiter pleinement des navigations au large.